LES GENS DE DUBLIN de John HUSTON (1987)

Par : Vincent Quénault

Mar 22

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Catégorie: HUSTON John

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Le premier billet de ce blog sera pour le dernier film d’un des grands hommes de l’histoire du cinéma. Avant de voir Les Gens de Dublin, je ne connaissais John Huston que par son Faucon maltais, son African Queen et ses Désaxés, trois films de genres diamétralement opposés et qui m’avaient alors plus ou moins enthousiasmés. African Queen est celui qui me plaisait le plus. J’avoue sans honte que la raison était qu’il s’inscrivait dans un classicisme purement hollywoodien, et ce malgré la véracité des décors. En revanche, Le Faucon et Les Désaxés, aperçus à l’aube de ma cinéphilie, m’avaient semblés bien trop compliqués, tant et si bien qu’ils me passèrent légèrement au-dessus de la tête.

Et voici que je me retrouve face à ces Gens de Dublin, ultime film tourné par Huston sous tente à oxygène. 85 minutes d’expiration brute. Huston a baissé les armes, ne reste plus que les méditations du sage. 1904, fête du nouvel an derrière la façade d’une vieille maison bourgeoise d’Usher Island. La soirée se déroule tranquillement, entre danses traditionnelles, repas de luxe et potins lancés à tout va. Les personnages aiment à se rouler dans la poussière, ressassant le passé, évoquant pour une mille et unième fois le « bon vieux temps », tout ça ayant pour simple objectif de continuer à préserver les apparences. Il n’en reste que malgré ce constat bien peu glorieux, on en est encore à se nourrir des malheurs bourgeois, à sourire à leurs boutades et à partager leurs émotions les plus vives. Merveilleux moment que ce chant mélancolique sur lequel se fige le visage de la fille chérie, Anjelica.

lesgensdedublin02

C’est elle qui fera toucher le film au sublime. Les dix dernières minutes des Gens de Dublin sont déchirantes. La femme ressasse son passé et pleure un mort disparu depuis des décennies. Huston touche à la vérité, il met en scène son appréhension du futur en détachant les êtres de leurs ombres. Il n’est question ici que de souvenir. Au cours de son sublime monologue, le mari réalise que malgré leurs années de vie commune, il ne connaît pas son épouse. Encore et toujours cet échec hustonien qui revient film après film. Heureusement, la malédiction ne dépasse pas l’écran. À mes yeux, ces Gens de Dublin sont bel et bien la clé du grand œuvre de maître Huston. Au bas mot, une révélation.

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