Cannes, 1er jour

Par : Vincent Quénault

Mai 14

Catégorie: * CANNES 2009

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C’est avec la plus vive des impatiences que je suis arrivé à Cannes ce mardi 12 mai. Autant dire que pour un cinéphile sans carte de presse, la mise en place des festivités semble longue… trop longue. Mais qu’importe, ça y est, le 62e festival de Cannes a bel et bien démarré. Mercredi, à 19h15, le jury présidé par Isabelle Huppert faisait son entrée en scène alors que peu après, l’original duo Hafsia Herzi – Charles Aznavour officialisait l’ouverture de la plus grande manifestation cinématographique de l’année.

Mercredi 13 Mai

23h00 – Projection de Up (Là-haut) de Pete Docter au Grand Théâtre Lumière / Film d’ouverture

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Carl est un monsieur de 78 ans, un peu bougon, qui a vendu des ballons toute sa vie. Aujourd’hui il risque de perdre la petite maison qu’il a autrefois bâtie avec sa femme disparue. Aussi imaginatif que peu décidé à se laisser faire, il attache des milliers de ballons à sa maison, qui s’envole. Enfin, Carl va vivre la vie d’aventure que lui et sa bien-aimée s’étaient promise ! Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’il emporterait un passager inattendu : Russell, un jeune garçon débordant d’énergie qui lui gâche la vie. Dans une incroyable odyssée qui va les conduire en Amérique du Sud, Carl et Russell vont vivre mille péripéties jusqu’au coeur d’un monde perdu. Il est temps pour eux de découvrir le vaste monde et ce qu’ils sont vraiment…

Quel plaisir de voir enfin sur la croisette un film des studios Pixar ! Et en 3D s’il vous plaît ! Up est bien entendu une réussite. Personnages solides, narration structurée, dessins juste parfaits. Je confirme, les studios de John Lasseter sont toujours les premiers au classement des performances en terrain animé. A la différence de Volt, dernier film en date estampillé Disney, l’utilisation de la 3D se révèle ici tout à fait convainquante (beau travail sur le cadre et la profondeur de champ). Ajoutons que l’on reconnait bien en Up la patte de Pete Docter qui avait précédemement signé Monstres et Cie. Les deux histoires sont voisines en ce qu’elles couvrent tout un éventail des sentiments. Drame et comédie s’entremelent continuellement, jusqu’au bouquet final où les sentiments éclatent. Vraie réussite pour Pixar et belle mise en bouche pour Cannes.

Jeudi 14 Mai

8h30 – Projection de Fish Tank d’Andrea Arnold au Grand Théâtre Lumière / En compétition

small_374681Mia a 15 ans, sa vie est bouleversée lorsque sa mère ramène à la maison un nouveau petit ami.

Belle surprise que ce Fish Tank qui ouvrait ce matin la compétition officielle. Andrea Arnold, fidèle à ses origines, conjugue le film social britannique au féminin. Mia, l’héroïne, est une adolescente de 15 ans, danseuse hip-hop à ses heures perdues. Le film reste en permanence sur le fil, entre humeur politique et parcours initiatique. Si le genre n’est pas nouveau, un point de vue féminin s’avère rafraichissant. La relève de Loach est assuré, d’autant plus qu’Arnold fait preuve d’une mise en scène efficace et ce malgré quelques effets de style souvent casse-gueules (beaux ralentis au programme et que d’élégance dans ces plans filmés à l’épaule…). A noter également la qualité de l’interprétation, à commencer par l’héroïne interprétée par Katie Jarvis, mais également Rebecca Griffiths (It’s a free world) et Michael Fassbender (Hunger) qui jouent respectivement les rôles de la mère et du beau-père.

12h00 – Projection de Chun Feng Chen Zui De Ye Wan (Nuits d’ivresse printanière) de Lou Ye au Grand Théâtre Lumière / En compétition

small_375994Nankin de nos jours, au printemps. La femme de Wang Ping le soupçonne d’infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l’espionner et découvre ainsi l’amour que son mari porte à un homme, Jiang Cheng. C’est avec cet homme que Luo Haitao et Li Jing, sa petite amie, se jettent à corps perdus dans une folle équipée amoureuse. C’est pour tous trois le début de nuits d’ivresse suffocantes, qui égarent l’esprit et exaltent les sens. Un sulfureux voyage aux confins de la jalousie et de l’obsession amoureuse.

Son précédent film, Palais d’été ayant fait scandale, Lou Ye s’était vu interdire de tournage pour cinq ans par le gouvernement chinois. Nuits d’ivresse printanière se présente ainsi comme un film clandestin, non approuvé dans son pays d’origine (d’autant plus qu’il aborde le thème tabou de l’homosexualité). Pour autant, je ne dirais pas que la réputation sulfureuse du film se confirme à la projection. On ne pardonnera pas à Lou Ye de nous servir un brouillon sous prétexte de clandestinité. Le récit est confus, et de toute évidence le chef op ne sait pas toujours ce qu’il doit filmer. Certes, les scènes de sexe sont assez explicites, mais, avouons-le, on a déja fait mieux. Non, même si elles laissent s’échapper quelques bribes de poésie, ces Nuits d’ivresse printanière,  ne sont décidemment pas à la hauteur de nos attentes…

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