Watchin’ in the rain…

Par : Vincent Quénault

Mai 15

Catégorie: * CANNES 2009

2 Commentaires

Qui l’eut cru… hier soir j’ai pu constater que les projections cannoises les plus accessibles étaient celles de la compétition officielle. Le bal des files d’attente a démarré à 17h30, en l’occurence pour la projection de 19h00 du Tetro de Coppola à la Quinzaine des réalisateurs. À croire que toute la presse s’était réservé ce créneau. Les simples accrédités – tel que votre serviteur – se sont faits gentiment rabroués à l’heure même où le film s’apprêtait à démarrer. 19h00, donc, retranchement vers l’Espace Miramar où la Semaine de la critique s’ouvrait sur Rien de personnel, un premier film français signé Mathias Gokalp avec entre autres têtes d’affiches Bruno Podalydès et Zabou Breitman. Le début de la projection était fixé à 20h00 et malgré le fait d’avoir été l’un des premiers dans la file d’attente des – toujours aussi simples – accrédités, la presse a encore eu le dessus. À 19h55, un gentil monsieur nous invite gentiment à aller nous faire voir. C’en est trop, que faire ? Rentrer et pleurer un bon coup – ou persister à faire la queue pour voir coute que coute un film… J’ai opté pour la seconde option. Après 1h30 de flanage dans le palais des festivals, direction la salle Debussy pour ce qui sera la troisième file d’attente de la soirée : et une heure après, ô miracle, enfin, j’y suis arrivé ! J’ai vu un film !

Jeudi 14 Mai

22h30 – Projection de Kuki Ningyo (Air Doll) de Kore-Eda Hirokazu en salle Debussy / Un certain regard

Ce film raconte l’histoire d’une solitude dans une grande métropole moderne à travers l’histoire d’amour d’une poupée gonflable qui, petit à petit, devient humaine.

A considérer l’étrangeté des sujets des films qu’elle choisit, la section « Un certain regard » porte bien son nom ! Air Doll oscille entre la fable et le conte philosophique. Hirokazu déballe son point de vue sur la société, l’absence, le sens de la vie… c’est dire si le sujet est (trop) large. L’expérimentation (car il s’agit bien de cela) se fera via les aventures d’une poupée gonflable qui prend vie. Elle constitue l’argile d’un réalisateur-sculpteur qui s’amuse des apparences. Une galerie de personnages assez loufoques viendra compléter le tableau. À l’arrivée, qu’en est-il ? Un sujet qui s’essouffle, une bonne idée qui s’envole, une structure qui s’effondre. Bref, Hirokazu s’est essayé à l’improvisation, et on ne peut pas dire que ça ait vraiment fonctionné. Les minutes passent, le film se dégonfle et nos yeux se ferment… presque.

Vendredi 15 Mai

11h30 – Projection de Bak-Jwi (Thirst, ceci est mon sang) de Park Chan-Wook au Grand Théâtre Lumière / Sélection officielle – en compétition

small_373449Sang-hyun est un jeune prêtre, aimé et admiré par ses paroissiens. Il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin destiné à combattre une maladie infectieuse mortelle. Au cours de l’expérimentation, il est contaminé, mais une transfusion sanguine le ramène à la vie. La nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins qui espérent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d’enfance et son épouse. Il est irrémédiablement attiré par la jeune femme.

C’est toujours agréable de voir un film de genre en compétition officielle ; en voila une belle preuve d’audace ! Bravo aux organisateurs ! Ceci étant dit, qu’en est-il du film… Les fans de Old boy (grand prix en 2004) sont nombreux mais je n’en fais malheureusement pas partie. Pourtant, je suis de ceux qui voudraient aimer Park-Chan Wook, oui vraiment. À mes yeux il est de ceux qui ont du talent et qui le gâchent bêtement, et ça c’est énervant. Je prends Thirst à l’appui. Tout commence merveilleusement bien, l’histoire promet d’être captivante, le comédien est parfait (Song Kang-Ho, déjà une légende), les mouvements de caméra sont maîtrisés et le style complètement disgracieux (que de sang… mais que de sang…!) ; bref, je m’attendais à passer un bon moment… une heure passe… tout va bien… mais soudain le Park décide de changer de vitesse. De la cinquième à la seconde, on sent la différence, et tout devient subitement mou. Est-ce si malin d’étirer la fin de l’histoire de façon à tenir encore une heure ? Je ne pense pas. L’histoire se perd dans les détails et les explications, tant et si bien que nous basculons dans l’excès (c’était déja le cas pour Old boy). La déception est d’autant plus grande que sur les premières minutes, on avait misé sur la réussite. Le style est là, crade, gore, comique, décalé, violent, pervers. Reste à calmer les excès et à faire un vrai bon film… on attendra le temps qu’il faudra, en tout cas c’est pas pour cette fois.

15h00 – Projection de Bright Star de Jane Campion au Grand Théâtre Lumière / Sélection officielle – en compétition

small_371932Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine, Fanny Brawne, une étudiante, tombent amoureux l’un de l’autre et entament une liaison en secret. Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez hostiles. John trouve que Fanny est une jeune fille bien élégante maus trop effrontée, et elle-même n’est pas du tout impressionnée par la littérature. C’est finalement la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider et il accepte de lui enseigner la poésie. Lorsque la mère de Fanny, et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l’attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l’intensité de leurs sentiments, les deux amants sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. « J’ai l’impression de me dissoudre », écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage l’obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause…

La néo-zélandaise d’ores et déjà palmée Jane Campion revient avec un film que certains diront mineur. Il est vrai que le genre de la romance en costumes « à la Jane Austen » est souvent peu représenté dans les festivals (et encore moins primé). Si Bright Star mise sur une mise en scène plutôt classique, il parvient toutefois à frapper dans le mille. Les émotions sont de mise, tout est réuni pour faire pleurer dans les chaumières. N’allez pas conclure que la réalisatrice tombe pour autant dans les pièges de la mièvrerie. Sa mise en scène est précise et délicate (féminine aurait-on envie de dire) et la photo ne fait qu’amplifier la douceur ambiante, de même que l’aura romantique qui entoure les deux comédiens principaux (Abbie Cornish et Ben Whishaw). En soi, seul le genre du film constitue son handicap… quelle injustice. Mais qui sait, peut-être Jane Campion aura t-elle les faveurs du jury de cette année qui, comme on a pu le voir, est majoritairement féminin. En tout cas, on le lui souhaite.

Publicités

2 commentaires sur “Watchin’ in the rain…”

  1. Pour Thirst, je suis un peu déçu de l’accueil général. Quant au Campion, c’était évident, ça fait un peu 15 ans qu’elle tourne en rond.
    J’aime beaucoup ton blog, et vu que j’essaie de suivre Cannes de chez moi à 100%, je reviendrai.

  2. J’adore tes références! Très joli style!


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :