Premier coup de coeur !

Par : Vincent Quénault

Mai 16

Catégorie: * CANNES 2009

1 Commentaire

J’avoue, hier ma soirée fut quelque peu mollassonne. La pluie n’améliorant guère les choses, j’ai passé à la trappe les projections du dernier Gondry L’épine dans le coeur en Séance Spéciale ainsi que Les Chaussons rouges de Michael Powell présenté dans la section Cannes Classic par Mister Martin Scorsese himself. En retour, j’ai toutefois bénéficié des bienfaits d’une nuit complète (on se console comme on peut), et ait pu donc profiter en toute fraîcheur des nouveaux films en compétition dès ce matin à 8h30.

Samedi 16 Mai

8h30 – Projection de Un prophète de Jacques Audiard au Grand Théâtre Lumière / Sélection officielle – en compétition

Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. À son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisnniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des « missions », il s’endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau.

Jusque là j’avais plutôt sous-estimé le réalisateur de De battre mon coeur s’est arrêté. La claque fut d’autant plus grande. Un prophète est définitivement mon premier coup de coeur de la sélection. Enfin un film dont la longueur profite à l’histoire ! Aucun discours moral n’entre en jeu, Audiard se contente de soigner son récit (juste captivant) et de creuser ses personnages (torturés comme on les aime). Le discours politique n’est pas en reste, mais se veut heureusement subtil et se contente de constituer une toile de fond. Au premier plan, Malik,  jeune tolard de 19 ans, s’apprête à accomplir son destin. L’interprétation de Tahar Rahim (une vraie révélation) est impeccable, nouvelle preuve du talent d’Audiard quant à la direction d’acteur. Nul besoin de préciser qu’Arestrup est, comme toujours, également parfait. Les décors de prison, plutôt repoussants d’un premier abord, sont exploités avec intelligence, tant et si bien qu’ils en deviennent fascinants. Enfin, la mise en scène se veut à la fois efficace, intelligente et audacieuse (très belle scène subjective à l’iris entre autres) et devrait à ce niveau-là séduire sans problème le jury. Je m’emballe, hésite à parler chef d’oeuvre… Mais calmons-nous… tout ceci est certainement encore trop frais. On en reparle d’ici la fin de la semaine prochaine…

12h00 – Projection de Taking Woodstock d’Ang Lee / Sélection officielle – en compétition

small_3761171969. Elliot Tiber, décorateur d’interieur à Greenwich Village, traverse une mauvaise passe et doit retourner vivre chez ses parents, dans le nord de l’État de New York, où il tente de reprendre en mais la gestin de leur motel délabré. Menacé de saisie, le père d’Elliot veut incendier le bâtiment sans même en avoir payé l’assurance alors qu’Elliot se demande encore comment il va enfin pouvoir annoncer qu’il est gay. Alors que la situation est tout simplement catastropique, il apprend qu’une bourgade voisine refuse finalement d’accueillir un festival de musique hippie. Voyant là une opportunité inespérée, Elliot appelle ses producteurs. Trois semaines plus tard, un demi million de personnes envahissent le champ de son voisin et Elliot se retrouve embarqué dans l’aventure qui va changer pour toujours sa vie et celle de toute une génération.

Les films d’Ang Lee me séduisent rarement. Certes, le taïwainais est un excellent « faiseur » (ce qui explique son aspiration par la pompe hollywoodienne), mais sa personnalité d’auteur reste, à mon goût, trop souvent en retrait. Taking Woodstock marque son retour à la comédie (genre qu’il avait délaissé depuis quelques temps) et le résultat s’avère à ma grande surprise tout à fait convainquant ! On rit beaucoup devant cette reconstitution du festival de Woodstock. La bonne idée ayant été d’adopter le point de vue de ce jeune garçon, Elliot, président de la chambre de commerce de sa petite ville à ses heures perdues. Le discours est là – soit le retour nécessaire à un jardin d’Eden – faisant de Taking Woodstock un film de crise, et donc d’actualité – avec en bonus, entre autres, la peinture d’une famille juive aux States à l’aube des années 70 (hilarante Imelda Staunton). La mise en scène est propre, avec pour l’occasion des modulations dans l’utilisation du cadre et des formats (split-screen quand tu nous tiens). Au final, le film n’est rien de moins qu’une brise légère au milieu d’une masse de tempêtes auteuristes. Oui ça fait du bien, merci Ang Lee !

Publicités

Un commentaire sur “Premier coup de coeur !”

  1. Un prophète, du peu d’images que j’ai pu en voir, me conforte dans l’idée qu’il est un sérieux prétendant à la Palme même si, comme toi, je sous-estimais un peu Audiard, trouvant ses premiers films vraiment pas bons du tout.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :