TOP 2009 & BILAN DE LA DÉCENNIE par Vincent

Que serait une fin d’année sans son TOP15 traditionnel, je vous le demande ! 2009 fut particulièrement riche en grands films, marquée entre autres par un cinéma animé de qualité, des avancées technologiques déterminantes et surtout des paroxysmes artistiques en veux-tu en voilà, confirmant le génie de quelques cinéastes qu’on attendait au tournant. Sans plus attendre, voici donc mon TOP 2009 :

1 – GRAN TORINO de Clint EASTWOOD

2 – LÀ-HAUT de Pete DOCTER

3 – TETRO de Francis Ford COPPOLA

4 – LES TROIS ROYAUMES de John WOO

5 – AVATAR de James CAMERON

6 – TOKYO SONATA de Kiyoshi KUROSAWA

7 – LE RUBAN BLANC de Michael HANEKE

8 – LA DANSE, LE BALLET DE L’OPÉRA DE PARIS de Frederick WISEMAN

9 – INGLORIOUS BASTERDS de Quentin TARANTINO

10 – CORALINE de Henry SELICK

11 – L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON de David FINCHER

12 – PONYO SUR LA FALAISE de Hayao MIYAZAKI

13 – UN PROPHÈTE de Jacques AUDIARD

14 – STILL WALKING de HIROKAZU Kore-Eda

15 – THE BOX de Richard KELLY

On remarquera cette année la grande absence du cinéma français. Seul Jacques Audiard, dont le film m’avait particulièrement marqué lors de sa projection à Cannes, a su faire preuve d’une véritable proposition de cinéma sans tomber dans le ridicule (une particularité fréquente dans ce qu’a pu nous laisser voir cette année la production hexagonale). Bien qu’hors classement, j’aimerais également sauver le MADEMOISELLE CHAMBON de Stéphane Brizé qui par sa simplicité et son élégance arrive à faire émerger une vérité rare. Le film sauve à lui seul ce genre si français qu’est le « réalisme psychologique ». J’invite les réalisateurs de Non ma fille, tu n’iras pas danser,  Qu’un seul tienne et les autres suivront ou encore La Famille Wolberg à prendre exemple.

Autre particularité cette année, comme je l’évoquais plus haut : la forte présence du cinéma d’animation. Avec Là-Haut, Pete Docter porte la maîtrise des studios Pixar à son apogée, parvenant à conjuguer rires et larmes au cœur d’un film dont la mise en scène exaltante et bariolée, a su pleinement tirer profit de la 3D. On reconnaîtra les mêmes qualités à Coraline, sombre conte dont chaque plan témoigne du talent de son auteur, un homme trop méconnu à mon goût, j’ai nommé : Henry Selick. Enfin, Hayao Miyazaki nous a présenté un modeste film d’animation en 2D, Ponyo sur la falaise, dont il n’a pas à rougir. Loin de tout esprit de grandeur, dans une simplicité qui se veut pure, le maître japonais ne manque pas de charger ses images de grâce et de lyrisme. À l’arrivée, un charme fou. Toujours unique.

Dans les cimes du classement se retrouvent cette année deux films « grand public ». J’ai toujours eu pour habitude de placer ce genre de productions plutôt au bas de mes préférences. Cette année, John Woo comme James Cameron ont su faire preuve d’une maîtrise telle, qu’ils méritaient l’un comme l’autre des places de choix. Les Trois Royaumes et Avatar ont peu ou prou les mêmes qualités et les mêmes défauts. Woo et Cameron sont deux mégalos prêts à tout pour rameuter le maximum de spectateurs en salle. Certains de leurs choix pourront être jugés mauvais car « stéréotypaux » ou « exagérés ». Certes, mais cela va de pair avec leur style, il faut faire avec ! Les Trois Royaumes est d’une perfection plastique indiscutable, de même qu’Avatar dont les propositions graphiques s’avèrent uniques en leur genre. Ce n’est pas nouveau, Woo comme Cameron ne sont pas des maîtres en matière de subtilité. Leurs qualités sont ailleurs. Encore faut-il être capable d’ouvrir les yeux et laisser s’infiltrer en nous l’émotion pour pouvoir enfin comprendre !

À l’opposé de ces deux mastodontes figurent quelques outsiders dont le talent mérite d’être souligné. Comme je l’évoquais plus haut, beaucoup de cinéastes ont atteint selon moi le paroxysme de leur art en 2009. Parmi eux, le lauréat de la très méritée Palme d’or, Michael Haneke, dont l’œuvre est encore à mon goût bien trop contestée. Il en est de même pour Kiyoshi Kurosawa, réalisateur du troublant Tokyo Sonata dont la merveilleuse scène finale mérite tous les honneurs. Tarantino, à l’inverse, a toujours disposé de beaucoup de reconnaissance dans le cœur des cinéphiles. Je n’ai pas toujours été des leurs et la jolie maîtrise d’Inglorious Basterds aurait largement de quoi me le faire regretter ! D’autres trouvent leur gloire dans les pas des grands maîtres, les réactualisant tout en subtilité. C’est le cas d’Hirokazu Kore-Eda dont le splendide Still Walking marche sur les traces du grand Yasujiro Ozu. Reste à clore ce chapitre des paroxysmes en évoquant Frederick Wiseman, documentariste de génie qui dans La Danse, propose une traduction fascinante du langage des corps en prenant pour sujet d’étude le ballet de l’Opéra de Paris. Un chef d’œuvre du genre.

D’autres cinéastes, sans atteindre la perfection, poursuivent tranquillement leur route, et c’est avec plaisir qu’on les suit. Certains sont dans les sentiers battus d’Hollywood (David Fincher), d’autres non (Richard Kelly). À l’évidence, chacun parvient à se satisfaire de son état, et c’est tant mieux.

Et enfin, il y a les grands, les éternels, les mythes. Je ne m’étendrai pas sur Tetro. Il n’y a que Coppola pour rendre les imperfections fascinantes. Pour sûr, il y a du génie. Et ce n’est plus discutable ! Au dessus de tous trône enfin le roi de l’ouest, Clint Eastwood. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’après l’avoir vu trois fois, je n’en démords pas, Gran Torino est un film d’héritage dont le discours humaniste est d’une clairvoyance bouleversante. Nous sommes dans le cinéma, la pure fiction, et pourtant si proches de la vie. Clint, plus que jamais dans la tradition de John Ford, fait croire à l’éternité de la perfection classique. Et puis, toujours, ce regard vif, déchirant, et par dessus tout, intelligent. Le maître. En tout cas, le mien.

Et voici qu’avec 2009 se termine également une décennie. En bonus, voici donc mon TOP 20 de ces dix dernières années. Sur ce, je vous souhaite mes meilleurs vœux pour cette année 2010 qui (cinématographiquement en tout cas) commence sous les meilleurs hospices…

1 – MULHOLLAND DRIVE de David LYNCH

2 – VOLVER de Pedro ALMODOVAR

3 – ELEPHANT de Gus VAN SANT

4 – A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE de Steven SPIELBERG

5 – GANGS OF NEW YORK de Martin SCORSESE

6 – LE NOUVEAU MONDE de Terrence MALICK

7 – COLLATERAL de Michael MANN

8 – LE VOYAGE DE CHIHIRO de Hayao MIYAZAKI

9 – SLEEPY HOLLOW, LA LÉGENDE DU CAVALIER SANS TÊTE de Tim BURTON

10 – MILLION DOLLAR BABY de Clint EASTWOOD

11 – MAGNOLIA de Paul Thomas ANDERSON

12 – NO COUNTRY FOR OLD MEN de Joel & Ethan COEN

13 – A HISTORY OF VIOLENCE de David CRONENBERG

14 – TWO LOVERS de James GRAY

15 – LE CHÂTEAU AMBULANT de Hayao MIYAZAKI

16 – DANCER IN THE DARK de Lars VON TRIER

17 – ZATOICHI de Takeshi KITANO

18 – LA GRAINE ET LE MULET d’Abdellatif KECHICHE

19 – THE HOST de BONG Joon-Ho

20 – MYSTERIOUS SKIN de Gregg ARAKI

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5 commentaires sur “TOP 2009 & BILAN DE LA DÉCENNIE par Vincent”

  1. Enfin quelqu’un qui aime autant « Gangs of New York » que moi !
    Et pour le top 15, on a 7 films en comun (mais gros désaccord sur le Fincher et le Haneke).

  2. Hey hey! Bravo pour le classement de 2009, même si personnellement j’aurai mis Avatar avant Là-Haut, et Ponyo sur la Falaise avant Benjamin Button (c’est un choix comme un autre).

    Mais pour le classement de la décennie, il y a beaucoup de similitudes avec ce que j’aurais éventuellement mis. Mais pour Elefant et A.I. faudra m’expliquer : je me suis jamais autant fait chier devant un Spielberg. Et le mettre en quatrième ??!!! Sleepy Hollow ou Le Voyage de Chihiro sont des chefs d’œuvre que j’aurai mis avant le Spielberg. Voilà pour mes critiques ! Le classement reste très louable.

    PS : je me suis abonné à ta newsletter !

  3. « Je ne me suis jamais autant ENNUYÉ devant un Spielberg ». Attention à ton langage sur le blog Camille car sinon on devra bientôt engager un modérateur à temps plein et nous n’avons bien entendu pas les moyens! De plus cette phrase n’a aucun sens. En effet, s’ennuyer devant un Spielberg est un concept relativement abstrait et scientifiquement infondé.
    Quant à EleFant, je suis ravi que nous ne parlions pas du même film. Vincent et moi considérons uniquement le ElePHant de Gus Van Sant comme chef-d’œuvre (qui figure également dans mon classement). Tu vois au final, on est donc d’accord 😉
    Je plaisante bien entendu, je ne voudrais pas te faire passer l’envie de poster sur le blog, au contraire. Par contre, j’en profite réellement pour juste inviter nos lecteurs à choisir leurs mots et à éviter un langage trop familier.
    Nous aussi parfois on trouve un film à ch…mais dans nos critiques, nous le qualifions juste au pire de « véritablement très mauvais ». Et quand vraiment ces mots ne suffisent pas et que le recours aux insultes est indispensable, nous préférons tout simplement ne pas chroniquer le film, comme ce fût le cas avec « Qu’un seul tienne et les autres suivront » ou « Non ma fille tu n’iras pas danser »…

  4. Nicolas étant particulièrement doué pour répondre aux commentaires, je te conseillerais mon cher Camille de juste appliquer ses conseils et donc de ne plus jamais dire du mal de Spielberg ET SURTOUT de A.I. qui est juste un chef d’oeuvre. Si tu ne l’as pas aimé c’est que tu ne l’as pas encore compris. Revois-le ! Idem pour Elephant qui est juste formidable.
    Evidemment le concept du classement de la décennie est subjectif mais aussi très variable. Qui sait… j’aurais fait le top à une semaine d’intervalle, peut être qu’un ou deux titres auraient été échangés. Ceci dit, j’ai quand même fait la part belle à Miyazaki qui est le seul à avoir deux films dans la liste ! C’est quand même glorieux !
    Par ailleurs, ravi que tu te sois inscrit à la newsletter. N’hésite pas à commenter le + possible. A++


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