THE CRAZIES de Breck EISNER (2010)

The crazies est un bon film d’horreur américain.

En cette simple phrase, on a déjà un peu tout dit sur le film de Breck Eisner. Remake d’un long métrage assez méconnu de George Romero, the crazies nous narre la descente aux enfers d’une petite bourgade américaine en proie à une épidémie nouvelle. La population y est animée par une vague de furie meurtrière et autodestructrice que le shérif David Dutton (Timothy Olyphant) a bien du mal à endiguer. Pris au piège entre les infectés et l’armée qui ne fait pas d’état d’âme, il tente de fuir les lieux, accompagné de sa femme enceinte et de son adjoint.

Oui, the crazies est un bon film d’horreur américain mais paradoxalement, l’affirmation est plutôt péjorative. La surprise et l’originalité ne sont pas vraiment au rendez-vous. L’histoire est prétexte à une accumulation très calibrée de scènes horrifiques et le réalisateur ne propose pas grand chose d’autre. Les tentatives pour amener le film sur le terrain des rapports humains ou d’amorcer une vague critique du militarisme restent très anecdotiques. Pourtant, au premier degré de lecture, la tension est bien présente, l’horreur est plutôt efficace et l’ensemble se révèle relativement rythmé. On se prendrait donc facilement au jeu car dans le fond, the crazies n’est pas si mauvais.

Mais là où le spectacle s’effondre, c’est lorsqu’il reprend sa parure de film de genre américain. The crazies possède tous les tocs auxquels Hollywood nous a malheureusement habitués ces dernières années sur ce type de produit. Personnages stéréotypés au possible, péripéties téléphonées, la mise en scène convenue n’arrive jamais à s’accommoder des trop nombreuses ficelles et à outrepasser l’aspect artificiel du film. Pire, une multitude d’effets gratuits et de fioritures injustifiées, comme autant de fausses bonnes idées, viennent dégrader le spectacle et portent un coup fatal à l’intelligence du film. Une logique douteuse qui ne devrait pas perturber les ados en mal de sensation forte, cible toute tracée de cette production. Mais au risque de me répéter, cela devient rébarbatif dans le cinéma d’horreur américain de cette décennie.

La connivence du réalisateur Breck Eisner pour ce système laisse peu de place à l’espoir. D’autant que ses futurs projets s’appellent Chromosome 3 et Escape from New York. Après Romero, on doute vraiment qu’Eisner ait les épaules pour s’attaquer à David Cronenberg ou John Carpenter. Car malgré le sympathique moment qu’il offre, The crazies se laisse vite oublier. D’ailleurs, il était grand temps d’en faire la critique…

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