LA MEUTE de Franck Richard (2010)

Il y a un mois sortait Le dernier exorcisme de Daniel Stamm, une nouvelle fiction à la caméra épaule et aux allures faussement documentaires. On y découvre un prêcheur ayant troqué sa foi pour le business de l’exorcisme à la chaîne. Il se retrouve alors face à un cas plus que convaincant de possession aux abords de la Nouvelle Orléans. Pas de long papier pour ce film ou pour ce réalisateur qui, après avoir fait un travail remarquable de mise en place du sujet et de l’atmosphère, lâche son spectateur au cœur de l’intrigue. En effet, Le dernier exorcisme nous abandonne littéralement dans un final rocambolesque et assez ridicule alors que tout était si bien amorcé. Encore un beau potentiel sacrifié…

Ne partez pas, c’est bien de La meute dont il est question sur cette page ! Alors pourquoi entamer cette critique en parlant du désarroi procuré par son concurrent américain me diriez-vous? Et bien parce que le film de Franck Richard pourrait bien par comparaison faire passer Le dernier exorcisme pour un chef d’œuvre !

La meute, elle, n’a à priori pas de « beau potentiel sacrifié » puisque le postulat de départ laisse déjà sceptique : Charlotte, jeune routarde rebelle, prend sur la route un auto-stoppeur, Max. Tous deux s’arrêtent dans un bar perdu au milieu de nulle part, tenu par La Spack (Yolande Moreau). Max disparait alors mystérieusement. Charlotte tente de le retrouver mais sa curiosité va s’avérer le point de départ d’un véritable calvaire…

Toute ressemblance avec le scénario de dizaines d’autres films d’horreur serait purement fortuite !? Quoiqu’il en soit, on entame les premières minutes de la meute dans un climat d’étonnement face à une introduction aussi basique. Et la question de comprendre comment une telle intrigue a pu avoir les faveurs d’un producteur reste sur nos lèvres. Attitude positive du spectateur qui a payé sa place oblige, on reste néanmoins ouvert et attentif à la moindre évolution inattendue que le film saurait en toute logique nous apporter. Mais quelques références cinéphiliques hors de propos plus tard, références visant à nous prouver que le metteur en scène a quand même vu quelques films auparavant (« Love » et « hate » sur les phalanges du personnage principal, tentative de plans « dialogués » à la Tarantino ou à la Rodriguez), on a définitivement abandonné toute espoir d’intérêt pour La meute.

Le réalisateur/scénariste Franck Richard nous malmène dans une compilation de clichés du cinéma d’horreur dont il ne semble même pas maitriser les rouages. Le seul mérite du scénario revient à la surprise toute relative de l’irruption du fantastique dans une histoire qui s’enfonçait dans le survival trash à la Hostel. Mais au final, les péripéties improbables, la gratuité de certaines séquences et les motivations douteuses du scénario plongent le film dans une confusion totale. Certains s’amuseront peut-être de ce foutoir décomplexé et, malheureusement, très certainement assumé. Les autres auront simplement la réaction logique du spectateur consterné.

Le réalisateur tente alors vainement de créer une quelconque tension. Mais l’aspect résolument brouillon de la mise en scène vient encore une fois susciter toutes les interrogations sur les qualités de Franck Richard. Prenant des raccourcis hallucinants, comme autant d’erreurs de tournage que le montage n’aurait su raccommoder, La meute souffre d’un manque total de lisibilité. La frustration qui en résulte est immense. Pourtant, dans ce contexte, les acteurs semblent étonnamment convaincus de ce qu’ils tournent. Mais servi par si piètre artisan, nul miracle ne peut avoir lieu…

La meute s’attache néanmoins à une chose ; sa vision vient gentiment remettre à sa place les spectateurs exigeants et insatisfaits que nous sommes devenus. Ainsi, après le film de Franck Richard, Le dernier exorcisme s’enrichit soudain de nombreuses qualités, la horde est du plus grand cru et Paranormal Activity devient chef d’œuvre du cinéma d’horreur. Oui, cela fait parfois du bien de voir de mauvais films pour réellement apprécier les films un peu moyens !

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